Essai sur l'art de ramper, à l'usage des courtisans

Par: Anounyme

Paul Henri Dietrich dHolbachESSAI SUR LART DE RAMPER, LUSAGE DES COURTISANSFacties philosophiques tires des manuscritsde feu M. le baron dHolbachExtrait de : Correspondance littraire de Grimm et Diderot,dcembre 1790Paris, F. Buisson, libraire, 1813Lhomme de Cour est sans contredit la production la plus curieuse que montrelespce humaine. Cest un animal amphibie dans lequel tous les contrastes setrouvent communment rassembls. Un philosophe danois compare le courtisan lastatue compose de matires trs-diffrentes que Nabuchodonosor vit en songe. Latte du courtisan est, dit-il, de verre, ses cheveux sont dor, ses mains sont de poixrsine, son corps est de pltre, son cur est moiti de fer et moiti de boue, ses piedssont de paille, et son sang est compos deau et de vif-argent. Il faut avouer quun animal si trange est difficile dfinir ; loin dtre connu desautres, il peut peine se connatre lui-mme ; cependant il parat que, tout bienconsidr, on peut le ranger dans la classe des hommes, avec cet...