Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques..

Par: Anounyme

LA BHAGAVAD-GUITA.Je commence par le jugement littraire, il est le plus facile porter ; car les dfautssont aussi vidents que nombreux. Le premier qui frappe, c'est la prolixit ; elle estvraiment accablante ; et quelque admiration qu'on puisse ressentira certains gards,on ne peut lire ces redites perptuelles sans une vritable fatigue et sans une sorted'impatience, dont on n'est pas le matre. Il ne s'agit pas de la longueur mme de cetpisode, et quelque tendu qu'il soit, il pourrait n'avoir rien de trop ; une pense peuttre trs-d-veloppe et n'tre pas surabondante ; elle peut se dduire avec tant derigueur et un enchanement si press qu'elle n'offre rien de superflu. Mais ici ce n'estpas le cas; et si la forme est critiquable, ce n'est point uniquement parce que cetpisode a quatorze cents vers, mais c'est que, dans les sept cents lokas qui lecomposent, l'auteur n'a dit que ce qu'il aurait pu trs-aisment renfermer dans deux outrois cents, et mme moins.A toute force, on peut accepter les dtail...