L'Argent

Par: Anounyme

mile ZolaLARGENT(1891)IOnze heures venaient de sonner la Bourse, lorsque Saccard entra chezChampeaux, dans la salle blanc et or, dont les deux hautes fentres donnent sur laplace. Dun coup dil, il parcourut les rangs de petites tables, o les convivesaffairs se serraient coude coude ; et il parut surpris de ne pas voir le visage quilcherchait.Comme, dans la bousculade du service, un garon passait, charg de plats : Dites donc, M. Huret nest pas venu ? Non, monsieur, pas encore. Alors, Saccard se dcida, sassit une table que quittait un client, danslembrasure dune des fentres. Il se croyait en retard ; et, tandis quon changeait laserviette, ses regards se portrent au-dehors, piant les passants du trottoir. Mme,lorsque le couvert fut rtabli, il ne commanda pas tout de suite, il demeura unmoment les yeux sur la place, toute gaie de cette claire journe des premiers jours demai. cette heure o le monde djeunait, elle tait presque vide : sous lesmarronniers, dune verdure tendre et neuve, les...