Mémoires d'un collégien

Par: Anounyme

Isidore Ducasse, comte de LautramontLES CHANTS DE MALDORORBruxelles, Lacroix et Verboeckhoven et Cie, 1869dition reproduite Paris, L. Genonceaux, 1890CHANT PREMIERPlt au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanment froce comme cequil lit, trouve, sans se dsorienter, son chemin abrupt et sauvage, travers lesmarcages dsols de ces pages sombres et pleines de poison ; car, moins quilnapporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension desprit gale aumoins sa dfiance, les manations mortelles de ce livre imbiberont son me commeleau le sucre. Il nest pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ;quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par consquent, metimide, avant de pntrer plus loin dans de pareilles landes inexplores, dirige testalons en arrire et non en avant. coute bien ce que je te dis : dirige tes talons enarrire et non en avant, comme les yeux dun fils qui se dtourne respectueusementde la contemplation auguste de la face maternelle ; o...