Graziella

Par: Anounyme

Alphonse de LamartineGRAZIELLA(1852)CHAPITRE PREMIERI dix-huit ans, ma famille me confia aux soins dune de mes parentes que desaffaires appelaient en Toscane, o elle allait accompagne de son mari. Ctait uneoccasion de me faire voyager et de marracher cette oisivet dangereuse de lamaison paternelle et des villes de province, o les premires passions de lme secorrompent faute dactivit. Je partis avec lenthousiasme dun enfant qui va voir selever le rideau des plus splendides scnes de la nature et de la vie.Les Alpes, dont je voyais de loin, depuis mon enfance, briller les neiges ternelles, lextrmit de lhorizon, du haut de la colline de Milly ; la mer dont les voyageurset les potes avaient jet dans mon esprit tant dclatantes images ; le ciel italien, dontjavais, pour ainsi dire, aspir dj la chaleur et la srnit dans les pages de Corinneet dans les vers de Gthe :Connais-tu cette terre o les myrtes fleurissent ?les monuments encore debout de cette antiquit romaine, dont mes tudes toutesfrache...